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L’éthique et l’intention du « cœur » sont des aspects importants d’une prise en charge thérapeutique. C’est dans ce sens que je vous partage des brides de textes issues de la pensée médicale japonaise qui nous poussent à divers réflexions, à la fois sur un plan médicale, morale et philosophique…Ces petits paragraphes sont riches de vertus et du sens de la rectitude…

(Yôjôkun) Extrait du paragraphe 315 du volume III, des œuvres classiques du bouddhismes japonais, traduites et annotées par Asuka Ryôko. (Ouvrage rédigé à l’époque d’Edo par un médecin confucianiste et un bonze anonyme)

« Celui qui connaît bien la médecine et excelle en technique médicale est un bon médecin »

L’homme d’autrefois disait : « La médecine est le cœur ». Cela signifie que le médecin qui connaît bien l’esprit (le cœur) de l’homme connaît la médecine et peut guérir la maladie.
Si un homme lit beaucoup d’ouvrages médicaux, mais ne forme pas le dessein de devenir un bon médecin, s’il n’a pas un caractère sensible, s’il manque d’intuition concernant le cœur de ses malades, il ne connaîtra jamais bien la médecine. Celui qui est malhabile est équivalent à celui qui n’a pas étudié la médecine. Etre un bon ou un mauvais médecin dépend du fait qu’on a ou n’a pas étudié convenablement la technique médicale ainsi que la médecine. Pour connaître à fond la médecine, on doit lire beaucoup d’ouvrages médicaux sur tous les sujets »

(Yôjôkun) Extrait des paragraphes 322 et 328, du volume III, des œuvres classiques du bouddhismes japonais, traduites et annotées par Asuka Ryôko. (Ouvrage rédigé à l’époque d’Edo par un médecin confucianiste et un bonze anonyme)

Ces passages abordent l’éthique du médecin, l’adaptation des soins et l’importance d’allier Tradition et Modernité…

« le devoir du médecin »…

« …Celui qui désire devenir médecin doit d’abord former sincèrement le dessein de sauver les hommes sans faire de distinction entre le malade riche et pauvre. C’est le devoir le plus important du médecin.
Du moment qu’il connait bien la médecine traditionnelle et qu’il est habile au traitement médical, même s’il ne cherche pas à se faire une bonne réputation dans le monde et ne se vante pas de ses talents ou de ses études avec ostentation, le médecin sera spontanément traité avec respect par tous et il sera pleinement heureux.
Celui qui n’aspire pas à sauver la vie des hommes et ne cherche que son profit perd la véritable vocation du médecin. Il n’est pas gardé par une protection divine »

Paragraphe 328 en suivant :

« Le médecin doit trouver le bon traitement en se référant à l’art ancien, et en tenant compte du climat et de la tradition »
Le médecin doit se référer à la médecine traditionnelle tout en pensant à la tendance du moment. Il doit décider de la méthode thérapeutique en tenant compte du caractère du malade qui peut-être fort ou faible, des produits du Japon et de ses coutumes, ainsi que du climat de ses traditions, et en se référant aux expériences réalisées par ses devanciers japonais.
Le médecin aura moins de possibilités de faire des erreurs de diagnostic s’il connait à la fois l’art médical traditionnel et les traitement modernes. Le Saint dit à ce sujet : « On doit regarder comme un maître celui qui puise à l’ancienne sagesse et connaît aussi la chose moderne ». Il en est de même du médecin.

Phong, praticien & enseignant en médecine asiatique.

 

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