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Interview du Dr Peter Eckman (MD, PhD) – Partie 2

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Aujourd’hui, je vous partage la seconde partie de l’interview du Dr Peter Eckman (San Francisco – Californie), qui est rempli de “Shen” et d’enseignements.

Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, voici le lien de la première partie de l’interview du Dr P. Eckman, que je vous recommande vivement !

Vous retrouverez à la fin de l’interview, une petite bibliographie de Peter Eckman. Bonne lecture !

7/ Quel est votre manière de lâcher-prise, de décrocher ?

P. Eckman : Depuis de nombreuses années, je suis un fervent pratiquant de danse folklorique, je pratique habituellement au moins 3 fois par semaine, mais moins depuis la pandémie. A 75 ans, je ne peut pas faire tout ce que je pouvais dans le passé, mais j’aime toujours dancer. La dance est un très bon exercice physique, pour renforcer la mémoire, pour le lien social et c’est très fun !

C’est pourquoi, pour toutes ces raisons, je préfère la danse à d’autres formes de yǎng shēng (養生). J’ai appris des dances du monde entier, et j’en ai aussi enseigné. J’ai aussi beaucoup appris sur l’histoire et la culture, en apprenant avec les meilleurs professeurs de danse internationaux.

Et bien-sûr, il y a un bon argument pour dire que la musique (indissociable de la danse) est à la base de la médecine chinoise, mais ce serait une conférence en soi.

8/ Si vous deviez définir votre métier, vous diriez quoi ?

P. Eckman : Mon travail, en tant que docteur spécialiste en acupuncture, est d’aider mes patients à retrouver leur nature originelle unique. Ce faisant, je m’attends à ce qu’ils expérimentent une meilleure santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Bien-sûr je n’ai pas laissé de côté mes connaissances en médecine occidentale, et je ne suis pas réticent à l’utiliser ou à renvoyer les patients vers leur médecin référant le cas échéant.

C’est actuellement le point crucial de mon travail avec les patients atteints de cancer. La plupart des traitements d’acupuncture de référence dans le cancer, concernent la régulation des symptômes ou l’atténuation des effets secondaires du traitement occidental, afin d’aider le patient à mieux récupérer. Mais je crois que le meilleur usage de l’acupuncture est d’inverser la tendance pathogène qui peut conduire à la malignité et à la métastase.

De plus, je ne pratique pas seulement l’acupuncture. Il y a de nombreux aspects que j’utilise, y compris le mode de vie et les conseils diététiques.

9/ Qu’est-ce qui vous touche ou vous séduit chez vos confrères ?

P. Eckman : Je suis touché par toute personne qui maintient une pratique clinique continue, plutôt que de simplement devenir un enseignant populaire. Nous apprenons vraiment de nos patients aussi bien que de nos professeurs. Je suis aussi attiré par tous ceux qui n’acceptent pas simplement les idées conventionnelles sur l’acupuncture et les classiques. A cet égard, l’apprentissage du chinois classique est quelque chose à respecter.

Enfin, je crois fermement que l’acupuncture est une branche de la science, ou de la loi naturelle. J’admire donc ceux qui s’efforcent à comprendre ce que signifie la science, et en quoi elle diffère de la foi (non pas qu’il y ait quelque chose de mal avec cette dernière).

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10/ Quel est votre regard sur votre domaine professionnel ?

P. Eckman : Je déplore les combats internes qui ont caractérisés les différents styles de praticiens d’acupuncture depuis ma première implication.

Il y a de la valeur dans les nombreuses différentes approches, et certaines sont plus adaptées à un patient, certaines à un autre.

J’ai essayé d’intégrer un nombre de styles différents en développant le style CCA, mais je respecte les autres que je n’ai pas incorporés.

Un bon médecin fait de son mieux pour aider les patients avec les compétences qu’il possède. Il n’y a pas qu’un seul « bon chemin » pour pratiquer l’acupuncture.

11/ Est-ce que la transmission de ce que vous savez (votre métier) est important pour vous ? Si oui, comment transmettez-vous ?

P. Eckman : Comme indiqué, j’enseigne dans des cours et des séminaires à travers le monde. Mon modèle d’enseignement comprend trois parties.

Premièrement, j’aime avoir des participants ou des sponsors qui amènent de vrais patients, pour un traitement au tout début de chaque journée.

Cela crée une sorte de cadre d’apprentissage afin que les étudiants voient comment la pratique se déroule, sans sélectionner uniquement les cas traités avec succès. Ces patients reviennent dans les jours suivants afin de rapporter leur ressenti au groupe.

Habituellement, cette section clinique est effectuée chaque matin.

Ensuite, dans l’après-midi, je donne un cours sur la théorie et la pratique du style CCA. Le diagnostic par le pouls est la clé du style CCA, donc, troisièmement, après chaque technique qui est enseignée, les participants se mettent par groupe de deux et s’examinent chacun leur tour.

Je fais ensuite le tour de chaque participant et je leur fais part de mon retour sur leurs observations. Souvent, cela déborde en session du soir afin que tout le monde puissent avoir le feedback qu’ils désirent.

J’ai maintenant des étudiants séniors qui ont commencés à enseigner le style CCA eux-mêmes. J’ai des étudiants en Espagne et en Chine qui viennent chaque année dans les séminaires où je suis invité à enseigner, et j’espère qu’ils continueront mes travaux pour la postérité.

12/ Si vous formiez quelqu’un, quels sont les 2-3 conseils les plus pertinents que vous lui donneriez ?

P. Eckman : Le conseil le plus important est de ne pas s’appuyer sur une seule conclusion pour diagnostiquer la constitution ou la condition de chaque patient.

Le diagnostic doit-être confirmé par au moins deux résultats d’examens distincts. Commencez par diagnostiquer la constitution.

Presque tous les traitements dans le style CCA, dépendent d’un diagnostic constitutionnel correct. Toujours essayer de comprendre à la fois les mécanismes qui expliquent la plainte principale du patient, mais aussi ses antécédents médicaux et ses symptômes secondaires.

L’approche CCA a une explication « constellationnelle » pour les divers mécanismes de la maladie (bìng jī 病 機).

C’est probablement la caractéristique la plus unique du style CCA, et elle est enseignée dans mes écrits et mes séminaires.

Question Bonus : Que pensez-vous de donner un séminaire en France dans le futur ? Et quel pourrait-être le thème ?

P. Eckman : J’aimerais donner un séminaire en France.

Bien sûr, nous ne pouvons vraiment rien planifier pendant que la pandémie se poursuit, mais après, c’est sûr.

Le thème principal serait de présenter l’acupuncture CCA comme une approche profonde et classique de l’acupuncture, basée sur diverses méthodes de diagnostic du pouls.

Bibliographie du Dr Peter Eckman :

  • In the Footsteps of the Yellow Emperor ; Tracing the History of Traditional Acupuncture, Peter Eckman, Cypress Book Co., San Francisco, 1996 ; revised paperback edition, Long River Press, San Francisco, 2007
  • Traité d’acupuncture, Jean Borsarello et. al.,”Histoire de l’acupuncture contemporaine” pps.11-17 by Peter Eckman, Masson, Paris 2005
  • The Compleat Acupuncturist ; A Guide to Constitutional and Conditional Pulse Diagnosis, Peter Eckman, Singing Dragon Press, London, 2014
  • Grasping the Donkey’s Tail ; Unraveling Mysteries from the Classics of Oriental Medicine, Peter Eckman, Singing Dragon Press, London, 2017.

www.petereckmanacupuncture.com

© Crédit photo : diffusé avec l’autorisation de Peter Eckman

 

Phong, praticien et enseignant en médecine asiatique.

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